Le numérique nous rend solitaires, mais nous sommes aussi présents en ligne

La solitude n’est plus synonyme de silence. Elle est devenue un arrière-plan.

Vous pouvez être dans un café bondé, entendre les rires de vos voisins et vous sentir vide. Ce n’est pas parce qu’il y a du monde autour de vous, c’est parce que vous ne voyez personne qui vous regarde. Internet devait tout changer. Plus nous avons de moyens de communiquer, moins les gens écoutent vraiment.

On passe des heures devant les écrans tous les jours. Les « likes », les stories et les notifications ne sont pas seulement un flux d’informations, ils nous rappellent aussi notre existence. « Je suis là », crions-nous dans le vide. Quand l’écran s’éteint, on se rend compte que le numérique ne veut pas dire que les gens font vraiment attention.

Aujourd’hui, on dit que la solitude, c’est quand on a trop de relations superficielles et pas assez de vraies relations. On parle avec des centaines de personnes, mais on se sent rarement concerné. Nous parlons, parlons, parlons, mais personne n’écoute.

Les rencontres par hasard et l’effet Chatrandom

C’est le chat fortuit qui peut nous redonner le sentiment d’une communication vivante. Les sites comme Chatrandom ne sont pas juste un passe-temps, ils représentent un désir de spontanéité. Dans un chat vidéo aléatoire, vous ne choisissez pas votre interlocuteur, vous ne sélectionnez pas la photo parfaite et vous ne rédigez pas de biographie. Appuyez sur un bouton et vous parlez à quelqu’un que vous ne reverrez jamais.

C’est comme quelque chose de primitif : un contact instantané, une étincelle, une brève conversation entre deux inconnus. Parfois maladroite, parfois drôle, parfois franche. Il y a un risque, mais aussi une étrange liberté : personne ne sait qui vous êtes, donc vous pouvez être honnête.

Les chats vidéo Chatrandom, coomeet.com/fr/chatrandom et Chatspin sont des plateformes où l’on peut discuter en vidéo. Quelques minutes, même. Il n’y a pas d’algorithme qui vous propose des personnes « compatibles », pas de scénario de conversation. C’est juste le hasard, une caméra, deux regards qui se croisent.

Cet instant vaut parfois des centaines de mentions « J’aime » et de messages sur les réseaux sociaux habituels.

Comment parler à un inconnu ?

Parler à un inconnu, c’est la façon la plus vieille de se comprendre soi-même. Avant, les gens cherchaient des rencontres au hasard. Maintenant, ils les cherchent sur Internet.

Mais l’idée est la même : on se connaît à travers les histoires des autres. Aujourd’hui, les gens ont peur d’être jugés et chaque mot peut devenir du contenu. Mais parfois, on rencontre quelqu’un et c’est simple et agréable.

Parfois, c’est ce genre de conversation sans contexte qui devient la plus sincère. On peut dire des choses que nos amis n’oseraient pas dire. Internet, sans liens personnels, devient un confessionnal.

Mais attention, cela peut être dangereux : on remplace le vrai contact par son illusion. Mais l’illusion de la communication vaut peut-être mieux que le vide. Peut-être que ça nous rappelle qu’on a toujours besoin d’une réponse humaine.

La voix revient

Chaque fois qu’ils se rencontrent, ils restent silencieux. La caméra s’éteint, l’écran devient noir, et vous êtes à nouveau seul. Mais ce silence est différent. Il laisse une légère trace, comme l’empreinte de doigts que vous ne verrez jamais.

L’homme moderne cherche à se sentir existant. Nous voulons être vus, ne serait-ce qu’un instant. Chatrandom et les autres chats vidéo sont là pour nous. Ils sont plus que de simples divertissements.

Aujourd’hui, même un regard rapide à travers la caméra peut être un acte d’humanité. Peut-être que la nouvelle forme de communication, c’est de laisser une trace, et non pas d’être constant.

La voix humaine est la dernière chose qu’un algorithme ne pourra pas remplacer. Elle vibre, tremble, s’embrouille — et c’est dans cette irrégularité qu’on entend la vie. C’est peut-être pour ça que les chats vidéo avec des inconnus deviennent à nouveau populaires. Les gens en ont assez des textes, des émoticônes et des phrases bien construites. On veut entendre la respiration, les pauses, les intonations.

Beaucoup de gens utilisent les conversations virtuelles comme thérapie. Une thérapie informelle, qui arrive par hasard, mais qui marche. Parfois, il suffit d’entendre « je te comprends » de la part d’un inconnu au bout du monde pour se sentir exister.

Un monde sans silence

Le monde ne deviendra pas moins numérique. Peut-être qu’il deviendra plus humain si on l’utilise pas seulement pour échanger des données, mais aussi pour échanger notre présence.

Sur Chatrandom et les plateformes similaires, il y a quelqu’un derrière chaque écran. On ne connaît pas son nom.

Plus on a d’abonnés, moins on est seul. Elle ne peut être atténuée que par l’attention, même si ce n’est que pour un instant, même si c’est par hasard.

Peut-être que c’est à ce moment, dans une conversation entre deux inconnus, que naît ce qui nous manque à tous : le sentiment d’être toujours ensemble.

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